1.4 Milliards de Chinois et moi, et moi, et moi…

Oui, je dois dire que j’ai eu une grande et belle histoire d’amour avec la Chine. Et c’est aussi de ce pays que je vais démarrer mon aventure. C’est pour cela qu’il occupera une grande partie de ce blog, et… de mon cœur (snif, snif).

Par où commencer ?

Je dirais qu’il faut revenir en 2006, année où je suis entrée à Sciences Po et où j’ai commencé à apprendre le Chinois. Oui, c’est grâce à ce cher Mr Descour et à la méthode Bellassen que tout a commencé. Prononciation, caractères, petites anecdotes… C’est par la langue que j’ai pénétré la culture chinoise puis, plus tard, son histoire, sa géographie et tout ce que j’en connais aujourd’hui, jusqu’à y habiter pendant près de 3 ans.

Mon premier séjour en Chine date de juin 2007, lorsque j’ai passé un mois d’échanges linguistiques à l’université de Chengdu, dans le village de Shilin. Têtes de lapin pimentées en guise de premier repas, cours de Tai Qi et de calligraphie, tourisme dans la belle région du Sichuan, tout était réuni pour que je souhaite y revenir rapidement…

En septembre 2008, c’est à Shanghai que j’atterrie. Là, c’est une autre histoire. La grande ville, la grande vie. Des cours de chinois matinaux, à mon voyage en Asie du sud-est, en passant par les amis de toutes nationalités que je me suis fait, et toutes les soirées, les repas, les expositions, les escapades du weekend, la colocation, et j’en passe. Des souvenirs forts qui restent à jamais gravés dans ma mémoire.

En 2011, je repars pour quelques mois à l’université de Chengdu avant de filer vers le sud, et plus précisément Shenzhen. Expérience un peu difficile au départ : stage dans une entreprise chinoise, collègues non anglophones, appartement un peu vétuste à 50km du centre-ville… J’ai beaucoup appris. Mon niveau de langue s’est considérablement amélioré. J’ai vécu dans une atmosphère bien plus chinoise que ce que j’avais connu à Shanghai. Mais finalement, en septembre, j’ai absolument voulu rentrer en France. J’avais besoin de retrouver les miens, la nature, la simplicité de la vie…

Mais, mais, mais… La Chine ne s’oublie pas si vite ! A peine rentrée, je rencontre un merveilleux garçon qui partage ma passion pour ce pays et avec qui je vais y repartir une nouvelle fois…  Et me voilà à Suzhou, à 80km de Shanghai, une des nombreuses « Venise des Chine ».

Aujourd’hui, j’ai la sensation d’avoir bien expérimenté la Chine. J’ai voyagé dans une dizaine de provinces, j’ai vécu dans 3 villes différentes, j’ai dégusté les 8 grandes cuisines chinoises, j’ai étudié, travaillé et voyagé, je me suis fait des amis chinois.

Durant ces quelques années de relation, j’ai changé, la Chine a changé, et bien que je ne pourrai certainement jamais m’en défaire complétement, j’ai envie de tourner la page. J’ai l’impression que tout ce que j’aimais profondément est en train de se déliter : j’aimais ce mélange de tradition et de modernité qui aujourd’hui n’est plus (à de rares exceptions près) qu’un mélange de modernité et de modernité déguisée en vieillerie ; j’aimais l’esprit collectif et la générosité des gens, qui aujourd’hui tend de plus en plus vers l’individualisme et l’égoïsme ; j’aimais cette richesse culturelle et ce patrimoine énorme, qui de plus en plus est remplacé par l’appât de l’argent et le consumérisme effréné ; j’aimais la curiosité des gens, leur naïveté attachante, qui aujourd’hui malheureusement se transforme souvent en fermeture sur soi, patriotisme ignorant et rejet de l’étranger… Les exemples de ces travers ne manquent pas : les scandales alimentaires, la pollution incroyable, les sombres faits divers, pour nous montrer qu’aujourd’hui, en Chine, la vie perd de sa valeur.

Alors voilà, avant de devenir frustrée et aigrie, avant de détester les chinois et de faire des généralités, avant de cracher sur ce pays qui m’a accueillie de nombreuses fois et où j’ai beaucoup appris, j’ai décidé de partir. 再见中国!